La doctrine des catégories au tournant du XXe siècle

Université Libre de Bruxelles, 12 septembre 2014.

Laboratoire de phénoménologie et d’herméneutique (ULB) - UR Phénoménologies (ULg).

Journée d'étude organisée par Guillaume Fagniez (ULB) et Charlotte Gauvry (ULg, Marie Curie Cofund) et cofinancée par l'Université Libre de Bruxelles, l'Université de Liège et l'Union européenne.

Contact: gfagniez(a)ulb.ac.be - c.gauvry(a)ulg.ac.be

Lieu: Université Libre de Bruxelles. Bibliothèque du CIERL. Avenue Franklin D. Roosevelt 17. 1050 Bruxelles.

Affiche

Présentation

Le paysage philosophique germanophone de la fin du XIXe siècle est marqué par un retour de la problématique des catégories sur le devant de la scène. Nous pensons spécifiquement aux travaux de Franz Brentano (1838-1917) et de ses élèves, aux Néokantiens de l'école de Bade (Wilhelm Windelband (1848-1915), Heinrich Rickert (1863-1936) ou Emil Lask (1875-1915)) ou à Wilhelm Dilthey (1833-1911). Tant et si bien qu'une certaine philosophie (celle de Lask par excellence) a pu se présenter comme une doctrine des catégories à part entière. L'enjeu de cette journée d'étude est d'interroger la place historique et le rôle conceptuel qu'ont pu jouer les catégories à l'orée de la phénoménologie.

La première question que nous souhaitons poser est historique. Dans la logique de la démarche transcendantale qui est la sienne et donc de l'examen des conditions de possibilité formelles de la connaissance des objets, Kant renoue avec la question aristotélicienne des catégories: il postule l'existence de "purs concepts de l'entendement" ou "catégories" seuls susceptibles de "fournir de l'unité aux diverses représentations dans un jugement et [de] donner aussi à la simple synthèse de diverses représentations dans une intuition une unité" (KRV, §10). L'intérêt proto-phénoménologique pour les catégories se présente-t-il comme un retour, par-delà l'idéalisme allemand, à cette problématique transcendantale kantienne ou bien plutôt en un retour, par-delà Kant lui-même, à la question aristotélicienne? L'enjeu problématique de cette interrogation historique est le statut général de la forme catégoriale, logique et/ou ontologique, et corollairement la fonction à assigner à la subjectivité dans la mise en œuvre de cette fonction.

Si tant est qu'une certaine philosophie entende ainsi renouer avec l'héritage kantien, qu'en retient-elle? Il semble que tout en épousant le mouvement de la révolution copernicienne et la méthode transcendantale, elle se ressaisit de la question des catégories tout en reformulant, voire en abandonnant la méthode de la "déduction". C'est ce travail de reformulation de la déduction transcendantale que nous entendons également interroger. Peut-on encore dire que les catégories sont "déduites" des formes logiques du jugement, des objets logiques ou du mouvement même de la vie? Et s'il y a lieu de mettre au jour un processus "génétique" de la catégorie, quelles sont les implications d'un tel déplacement relativement à la validité du catégorial?

C'est ainsi que le statut même des "catégories" entre dans le champ de notre enquête. Leur domaine d'application redéfini, les catégories sont-elles encore des concepts purs transcendantaux susceptibles d'unifier l'expérience sensible? Les catégories ne doivent-elles pas être repensées comme des formes logiques, sémantiques ou même ontologiques? À travers la double référence à Kant et à Aristote mise en œuvre à la fin du XIXe siècle, une articulation plus fine de ces différences statutaires est recherchée qui est appelée à modifier la problématique catégoriale.

Ainsi, c'est l'enjeu stratégique de la résurgence de cette problématique catégoriale, notamment ses répercussions directes sur l'émergence de la phénoménologie naissante (husserlienne et heideggérienne), que nous souhaitons enfin interroger.

Programme

 

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