Université de Liège - UR Phénoménologies - Ecole doctorale FNRS

Séminaire annuel de philosophie phénoménologique

6e séminaire annuel 2012 - L'Expérience subjective: Approches phénoménologiques de la conscience phénoménale: SEANCES PREPARATOIRES

Le séminaire est précédé de séances préparatoires destinées aux étudiants du Master, et dont la finalité est d'introduire aux questions qui seront abordées au séminaire lui-même. Les étudiants ayant le séminaire dans leur programme sont également tenus d'assister à toutes les séances du séminaire préparatoire.

1er et 2e quadrimestre, jeudi 14-16h, Local A2 2/3 (Place Cockerill, 2e étage).

Programme détaillé (pdf)

Page web du séminaire 2011-2012

Consignes pour le travail de master

 

6/10/2011 L'argument de la connaissance: Introduction au problème de la conscience phénoménale (A. Dewalque). Texte (pdf 131 Ko)

Résumé: Je présenterai l'un des arguments contre le physicalisme les plus discutés en philosophie de l'esprit. Cet argument est traditionnellement baptisé « argument de la connaissance » (Knowledge Argument). Il repose sur l'idée suivante : la connaissance physique n'est pas toute la connaissance que l'on peut avoir à propos du monde ; il y a un genre de connaissance qui ne peut pas être obtenu par investigation des structures physiques, mais qui est intrinsèquement lié au point de vue « en première personne ». L'argument, sous sa forme canonique, a été formulé par Frank Jackson dans un article intitulé « Epiphenomenal Qualia » (The Philosophical Quarterly, 1982), où il met en scène l'histoire fictive de la neurophysiologiste Mary. Mais il apparaît déjà chez des auteurs plus anciens, notamment chez Thomas Nagel (« What is it like to be a Bat? », 1974). Je retracerai la ligne générale de l'argument, je mentionnerai quelques objections qui lui ont été adressées, et je terminerai en passant en revue les principales attitudes qui ont été classiquement adoptées, en philosophie de l'esprit, à l'égard de la conscience phénoménale (le mystérianisme de Collin McGinn, le dualisme naturaliste de David Chalmers, etc.).

27/10/2011 La conscience, c'est à quel sujet? Béhaviorisme logique, fonctionalisme, hétérophénoménologie (B. Leclercq).

Lecture: B. Leclercq: "What is it like to be a bat? Phénoménologie à la troisième personne de Wittgenstein à Dennett", Bulletin d'analyse phénoménologique, VI (2010), 2 [télécharger].

17/11/2011 La thèse de l'intentionnalité phénoménale (A. Dewalque).

Résumé: L'un des principaux obstacles à l'étude de la conscience phénoménale vient du fait que la tendance dominante en philosophie de l'esprit, jusque dans les années 2000, était la tendance séparatiste, soit la tendance à séparer l'intentionnalité (la capacité de l'esprit à se rapporter au monde, à le représenter) et la conscience phénoménale (l'effet que cela fait d'être dans tel ou tel état mental). Cette tendance aboutit à l'exclusion mutuelle de deux points de vues sur l'esprit : le point de vue en première personne et le point de vue en troisième personne. On examinera le renversement récent de cette tendance dans le programme « non séparatiste » prôné par les partisans de ce qu'il y a lieu d'appeler, dès lors, l' « intentionnalité phénoménale » (Brian Loar, Uriah Kriegel, Terry Horgan, etc.). On verra que cette approche conduit à réhabiliter, sur le terrain de la philosophie de l'esprit, une perspective brentano-husserlienne.

1/12/2011 L'équivalence intentionnalité-phénoménalité chez Husserl (M. Coratolo).

Résumé: Comme on l'a vu dans la dernière séance préparatoire (17/11/2011), les partisans de l'intentionnalité phénoménale visent à la réactualisation d'une perspective phénoménologique (brentano-husserlienne) en philosophie de l'esprit. Je commencerai par faire un bref résumé des thèses principales, puis j'en montrerai certaines difficultés qui, à mon avis, peuvent trouver une voie d'issue via la théorie husserlienne de l'intentionnalité. C'est dans le cinquième chapitre des Recherches Logiques que Husserl développe sa théorie de l'intentionnalité, en refusant certains aspects fondamentaux de la thèse brentanienne sur l'intentionnalité. D'après Husserl, ce n'est pas l'objet visé ou ses propriétés qui représentent l'intentionnalité d'un acte : "L'intentionnalité d'un acte est une caractéristique phénoménologique de l'acte même, une caractéristique que l'acte a uniquement en vertu de sa structure interne, de son contenu phénoménologique". De plus, Husserl a une idée de la phénoménologie qui est plus vaste que ce qu'est la phénoménologie dans la philosophie de l'esprit actuelle. Chez Husserl, elle ne se limite pas à une description subjective des sensations ou de l'effet que cela fait (what it is like). Sa doctrine de l'intentionnalité est une partie intégrante d'une théorie phénoménologique de l'esprit où les problèmes de l'intentionnalité ne sont pas des problèmes sur le type d'objets que les actes visent, mais plutôt des problèmes sur la nature de la conscience elle-même.

9/2/2012, Naturalisations de l'intentionnalité (R. Brisart).

1/3/2012 Intentionnalité et phénoménalité chez Brentano et Mach (F. Boccaccini).

Résumé: A partir de la question de l'expérience subjective (par ex. les qualia), j'aborderai la différence entre phénoménologie et phénoménisme par les figures de Brentano et Mach. Le but de mon exposé est de montrer l'incompatibilité conceptuelle entre ces deux conceptions de la conscience. L'intentionnalité, chez Brentano, n'est pas quelque chose qui nous permet l'accès à une dimension privée. Au contraire, l'évidence de la perception interne nous montre qu'une dimension privée de la conscience n'est qu'une illusion. Pour justifier cette affirmation je vais faire l'analyse de la question du double objet de l'acte chez Brentano ainsi que de l'unité de la conscience. Je mettrai en question finalement certains points du néobrentanisme contemporain qui semble hésiter entre ces deux positions.

15/3/2012 Le statut de la conscience et de la connaissance dans l'Abhidharma et dans le Yogâcâra Madhyamaka (Alexis Filipucci).

19/4/2012 Exposés des étudiants.